[TEST] Broken Age Acte 1 : Le retour d’un genre, par un virtuose du genre !

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Je l’attendais avec une certaine impatience, comme un enfant la veille de noël, et ce jour de noël est arrivé le 15 janvier, avec l’early access de Broken Age, jeu d’aventure Point & Click, genre qui avait gagné ses lettre de noblesse dans les années 90, avec l’ancien studio LucasArts, à qui l’ont doit des chefs d’œuvre tels que The Secret of Monkey Island et ses cultismes combats d’insultes , Day of the Tentacles, Grim Fandango et son ambiance unique, et j’en passe, tous des jeux qui ont au moins ce point commun, Tim Schafer a travaillé sur ces derniers.

Grim Fandango, un excellent jeu d'aventure dans le pays des morts

Grim Fandango, un excellent jeu d’aventure dans le pays des morts

Broken Age arrive 14 ans après Grim Fandango, qui est pour moi un coup de cœur (oui, j’ai toujours eu du mal avec les jeux d’aventure, et pourtant mes coups de cœur sont des jeux d’aventure …), mais entre 1998 et 2014, Tim Schafer n’est pas resté inactif, bien au contraire. En 2000, il quitte LucasArts pour fonder son propre studio de développement de jeux vidéo, Double Fine Productions.

Durant les actuelles 14 ans d’existence de Double Fine, le studio a connu des hauts, comme la sorties de jeux qui ont été acclamés par la critique, et des bas, comme quelques soucis judiciaires avec deux éditeurs pour la sortie de Brütal Legend.

Ils ont également dans leur carnet de voyage le très récent The Cave, un jeu qui prend doucement de l’âge, mais qui reste excellent à jouer Psychonauts, Brütal Legend comme je le disais un peu plus haut et Broken Age vu qu’il s’agit du jeu dont je vais parler aujourd’hui. Je ne vais pas faire toute la liste, si vous voulez en apprendre un peu plus, allez sur le site officiel, ou sur la page Wikipédia. Et en relisant la liste des jeux de Double Fine, je suis en train de me dire que je les possède presque tous …

Avant tout, je tiens à remercier Double Fine. Du fait que ce jeu est actuellement en Early Access (ne sortant que le 28 janvier), je les ai contactés, pour leur demander s’ils acceptaient que j’écrive une preview, le jeu pouvant être sujet à des bugs qui ne seront peut-être pas dans la version finale ou d’autres choses, et leur réponse ne s’est pas faite attendre, et vu que vous pouvez lire ce test preview, ça signifie qu’ils ont accepté, et leur façon de répondre m’a particulièrement impressionné, en m’envoyant un nombre d’informations, que certes la plupart peuvent être trouvées sur internet mais qu’elles soient condensées dans un mail pour permettre d’un simple coup de molette de trouver son bonheur, une invitation à poser des questions si j’en ai, ainsi que d’autres choses, est une preuve que Double Fine tient à ses joueurs, à sa base de fans, et qu’ils les chouchoutent un peu, car ils ont très bien compris que sans cette base de fans, ils y perdraient beaucoup, et dans leur réponse, l’on peut également sentir qu’ils ne font pas des jeux vidéo que pour l’argent, certes il faut bien gagner sa vie et une entreprise, ça peut vite coûter, mais on sent également la passion qui les anime, et c’est vraiment plaisant à voir.

Je n’aurais qu’une seule chose à dire de plus sur Double Fine, si vous m’écoutez (me lisez plus précisément), ne changez pas !

Après cette petite parenthèse sur Double Fine, revenons sur Broken Age. Les plus assidus d’entre vous auront remarqué que j’ai mis dans le titre un petit Acte 1, pourquoi donc ?

Pour des soucis de développement (problèmes d’argent), le studio a été obligé de diviser le jeu en deux parties (et c’est là que les chiffres envoyés par Double Fine vont faire leur apparition !). Le Kickstarter d’origine demandait 400 000 $, et ils ont réussis à ramasser 3 336 371 $, ce qui fait environ 2 245 079,94 € avec 87 142 Backers (personnes ayant donnés sur le Kickstarter). Mais du fait d’une ambition peut-être un peu trop élevée ( ?), ils se rendirent vite compte qu’ils n’auraient pas assez de fonds pour terminer le jeu.

Alors Tim Schafer annonça les Slacker Backer, joueurs pouvant acheter le jeu directement sur le site DoubleFine et pouvant bénéficier du jeu complet, avec également les documentaires de 2 Players. Arriva ensuite le Humble Bundle, qui proposa un Humble Double Fine Bundle avec une grande partie de la ludothèque de Double Fine, ainsi que Broken Age et tous les avantages que peuvent avoir les Slacker Backers. Ainsi, le montant récolté en total était de 3 630 224 $  (2 666 093,57 €) et le nombre de personnes ayant en tout acheté le jeu était de 95 554 (Slacker) Backers.

Ainsi, depuis le 15 janvier, les Backers et les Slacker Backers peuvent bénéficier de l’early access, et les autres (qui l’achètent en précommande sur Steam) pourront en profiter à partir du 28 janvier prochain. Mais pour l’acte 2 (qui aura également droit à un test), il faudra attendre, Double Fine l’annonçant pour cette année, mais aucune date n’est encore posée.

Après un peu d’histoire et d’anecdotes, que vaut ce jeu ? Donne-t-il envie d’acheter le second acte ? Ou alors nous ferait-t-il regretter d’être un (Slacker) Backer ?

Et pour garder le plaisir du jeu, ce test sera sans spoilers, ainsi, toutes les informations que vous obtiendrez ici (en particulier l’histoire) sont des éléments que l’on découvre très rapidement.

I. Une aventure palpitante

Comme tout bon jeu, vous avez une histoire. Attendez … là il n’y en a pas une, mais deux ! En effet, vous suivez les aventures de deux personnages, Shay et Vella.

Le premier, un jeune homme qui semble fraichement sortit de l’enfance, est l’unique habitant d’un vaisseau et qui parcourt l’espace pour trouver une planète habitable pour son monde. L’IA (qui a le rôle, le jour, de sa mère, et la nuit de son père) lui propose des missions très … enfantines, telles que monter dans un petit train, sauver des sortes de peluches (chaussettes ?) d’une avalanche de glace, en mangeant cette dernière, ou de sauver un vaisseau attaqué par une horde de câlins. Il va très vite se retrouver à accomplir des missions plus dangereuses pour sauver des créatures d’une guerre interstellaire.

Shay et l'IA qui se comporte comme sa mère

Shay et l’IA qui se comporte comme sa mère

La deuxième, elle, est une jeune femme, qu’on pourrait penser du même âge que Shay, qui fait partie des offrandes du banquet des demoiselles pour nourrir un monstre, Mog Chothra, afin d’éviter d’être attaqué par ce dernier. Mais elle ne l’entend pas de cette oreille, et décide de le combattre pour libérer tous les villages du joug de cet ennemi. Cette quête l’emmènera dans des lieux aussi uniques qu’improbables, tels qu’une secte située dans des nuages ou une forêt vivante.

Vella à droite et son grand-père à gauche (qui m'a bien fait sourire quand il bougonne)

Vella à droite et son grand-père à gauche (qui m’a bien fait sourire quand il bougonne)

L’histoire, dite comme ça, nous fait penser que c’est du classique, et oui, il y a beaucoup d’éléments pour lesquels nous sommes habitués, sauver des innocents, aller combattre un monstre, mais malgré tout, l’histoire est prenante, et on se laisse porter dans ces deux aventures avec plaisir, avec quelques retournements de situations auxquelles, je dois avouer, je ne m’attendais absolument pas. Et c’est ce qui fait que ces deux aventures sont prenantes, bien que beaucoup de choses soient du déjà vu, elles savent nous surprendre et apporter des éléments qui font, à certaines moments bien rire. Car un des éléments importants de ce jeu est son humour. Il sait être amené au bon moment, jouant surtout sur un comique de contexte, qui sait ne pas étouffer par une trop grande présence, mais qui sait se placer là où il faut.

Je veux le même chapeau que l'interlocuteur de Vella !

Je veux le même chapeau que l’interlocuteur de Vella !

De plus, l’on s’attache à ces deux héros, qui cherchent tant bien que mal à sortir de leur condition actuelle pour, l’un, faire des choses palpitantes et ne pas répéter les mêmes missions confiées par l’IA, et pour l’autre, permettre aux gens de sa planète de ne plus craindre le monstre. Sortant fraichement de l’enfance (Shay toujours forcé d’y penser du fait de son environnement), ils rêvent encore d’aventures, de justice, et ce qu’ils vivent est un découlement logique de leurs rêves.

II. Une ambiance particulière

Autant le dire tout de suite, cette ambiance ne plaira pas à tout le monde. Elle est assez unique, tantôt féérique, tantôt SF, mais reste fidèle à elle-même, et nous emporte dans des endroits improbables, tels qu’un village (si on peut appeler ça un village), dans les nuages, ou chez un menuisier/bucheron qui a peur des arbres. Là j’ai surtout parlé des décors que rencontrait Vella.

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Mais Shay n’est pas en reste. En effet, son vaisseau ne possède pas de commandes pour piloter le vaisseau (le tout étant contrôlé par l’IA), mais comme il est dans ce vaisseau depuis qu’il est tout bébé, le tableau de bord est composé d’éléments rappelant forcément l’époque du jeune bambin avec des manettes provenant directement de jouets d’enfants, un volant que l’on trouve sur les petits tracteurs, un mobile accroché au-dessus de son fauteuil, des sortes de compagnons ressemblant à des peluches tissés, me faisant penser soit à des chaussettes, soit à des gants, je ne sais pas.

Shay à droite et une peluche ... gant ... chaussette ... truc tissé ...

Shay à droite et une peluche … gant … chaussette … truc tissé …

Et cet univers assez improbable est l’une des forces du jeu, qui est vraiment unique, et qui permet aux créateurs de ce jeu de placer des éléments complètement improbables, mais qui reste cohérent avec l’univers créé. Et on ne peut que saluer cela.

Mais attention, cet univers ne conviendra pas à tout le monde, en effet, il est assez unique en son genre et saura trouver ses fans, comme ses réfractaires. Personnellement, cette ambiance m’a charmé, de plus il est appuyé par une BO qui colle parfaitement, amenant à la rêverie et à une immersion parfaite.

Qui plus est, les graphismes du jeu jouent un rôle important dans cette ambiance. Les graphismes en eux-mêmes, ce n’est pas grand-chose, mais la direction artistique par contre est superbe. Le style tout en dessiné, donnant l’impression que tout a été fait au pinceau, est vraiment charmant, insistant sur cet univers particulier et cette ambiance unique.

En regardant en détail cet image, on peut voir ce que j'entends par "au pinceau"

En regardant en détail cet image, on peut voir ce que j’entends par « au pinceau »

Il y a malgré tout, mais pour l’instant il faut considérer que ce n’est pas définitif du fait qu’il est encore en béta, quelques petits bugs graphiques, vraiment discrets, tels que des membres qui passent devant d’autres lors des animations, mais il y a vraiment peu de bugs, n’en ayant eu qu’un ou deux bugs de l’ordre graphique, et discrets qui plus est. Cela fait plaisir de voir un jeu encore en béta qui n’a aucun bug majeur.

III. Le retour en force d’un genre ?

Il faut avouer que depuis la fin des années 90, il y a eu très peu de jeux d’aventure qui sont sortis, ou du moins, très peu qui étaient sur le devant de la scène et qui pouvaient ramener ce genre à la lumière du jour. Et Broken Age peut en avoir la capacité.

Avec son ambiance unique, son aventure vraiment prenante, pratiquement aucun bug, et aucun bug majeur, Broken Age peut n’avoir qu’un défaut, d’être trop court, en 4 heures, vous avez clôt cet acte, mais ce n’est pas sans oublier qu’actuellement, ce n’est que la première moitié du jeu et qu’il reste encore l’acte 2. Ainsi, rapporté à son prix (22.99 €) et du fait qu’il reste encore une autre moitié, le jeu est un excellent investissement qui vous laissera rêveur durant toute le jeu. Et pour ceux qui ont peur que le jeu soit trop dur pour eux, ceux qui n’y arrivent pas dès qu’il y a une énigme, rassurez-vous, les énigmes sont très simples, peut-être un peu trop je dois avouer et j’espère que pour l’acte 2, ils seront capables de corser un peu les choses.

Conclusion

Must have, c’est tout. Ce jeu est vraiment bien. Même s’il n’est encore qu’en développement et qu’il n’y a que la moitié du jeu, il a déjà tous les éléments nécessaires pour en faire un élément incontournable de cette année. J’entends déjà des personnes qui disent que c’est le meilleur jeu de l’année, je ne m’avancerai pas sur ça, du fait que nous sommes plus proches de l’année dernière que de l’année prochaine, mais il place la barre haute et est vraiment un jeu majeur de cette année.

Je serai là, prêt à écrire un test dessus !

Je serai là, prêt à écrire un test dessus !

Points forts

-Une ambiance unique

-Une histoire prenante

-Des personnages attachants

-Des dialogues bourrés d’humour

-Pas cher pour le contenu proposé

-Des énigmes accessibles pour le plus grand nombre

Points faibles

-Des énigmes accessibles pour le plus grand nombre

-Quelques rares bugs graphiques

-Temps d’attente entre le premier acte et le second acte.

PS : Merci encore à tous et à toutes pour me lire et n’hésitez pas à vous abonner sur mon twitter pour pouvoir être des prochains tests !

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Publié le 19/01/2014, dans Jeux vidéos, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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